Sourcer sa triche, un réflexe à acquérir

Dans un article du 10 avril 2007, Le Figaro cite Serge Pouts-Lajus, consultant à la société Éducation et territoires et expert en nouvelles technologies, qui « ne voudrait pas que les nouvelles technologies soient seules rendues « responsables » de la ­triche dans l’enseignement. « Certes, Internet favorise le plagiat et le copier-coller en le rendant plus facile, mais c’est aussi cet outil qui permet de démasquer les co­pieurs », affirme-t-il dans une interview de l’Agence éducation, emploi, formation (AEF). »

Régulièrement, et de plus en plus souvent, le débat sur la fiabilité de Wikipédia ressurgit. La citation du Figaro est emblématique du mode de réflexion français sur la question : on privilégie la réaction a posteriori. L’idée est de constater la triche, taper sur les doigts du tricheur, et se dédouaner du problème en accusant, qui l’Internet, qui Wikipédia, qui les élèves stupides. Mais comme le faisait remarquer David, « la réalité est [sans doute] plus proche de : les élèves ou étudiants ne sont pas intéressés par le cours, ou ont d’autres préoccupations, et ils parent au plus pressé en bâclant le travail et en se moquant bien de la qualité du résultat tant qu’il leur permet de faire un minimum illusion. » Et ça, c’est certainement vrai depuis que l’enseignement existe{{référence nécessaire}}.

Donc, de deux choses l’une, l’autre étant le soleil : ou bien on profite de l’opportunité des NTIC pour former les élèves à la production intellectuelle sourcée, ou bien on reste dans le constat a posteriori. Actuellement, un effort de « sourçage » a été initié dans plusieurs Wikipédia, par exemple sur la version francophone avec le projet Sources. L’idée sous-jacente : faire comprendre que, Wikipédia en particulier, et les ressources synthétiques en général, ne doivent pas être la base unique d’un travail ‘tellectuel. L’initiative concerne donc autant les lecteurs que les écrivains.

Message subliminal : Toi, jeune (et moins jeune), tu dois comprendre ce que tu lis et écris par la confrontation de plusieurs sources secondaires (Wikipédia, entre autres) et en cas de flou, remonter aux sources primaires (livres, essais, etc.)

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2 Responses to Sourcer sa triche, un réflexe à acquérir

  1. AnalyseStatix dit :

    « La prestation orale de l’élève qui présente ses travaux devant la classe « permet toutefois de détecter les pla­giaires », nuance l’enseignante. »

    Je suis heureux de constater que la technique adoptée par mes collègues informaticiens et moi (exposé oral systématique pour tout travail non surveillé) est répandue ailleurs, même si elle doit poser des problèmes logistiques (salles, horaires…) dans certains contextes.

    Ce que je trouve parfois exaspérant dans les critiques envers le rôle négatif de l’Internet ou de Wikipédia pour le travail des élèves et étudiants, c’est l’idée sous-jacente que les choses allaient bien avant et que l’Internet ou Wikipédia a transformé le problème.

    Je pense pour ma part que le problème essentiel n’est pas l’Internet, mais le rôle de la fiction ou des médias de masse, en particulier de la télévision, qui met en scène la réalité, dans la formation des « connaissances ». Lorsque je discute autour de moi, je m’aperçois, par exemple, que les gens ont des idées très arrêtées sur les États-Unis, sans y avoir mis les pieds. Ces idées ne proviennent pas de connaissances scolaires, mais des représentations trouvées dans la fiction ou les médias (ou, parfois, dans des slogans politiques).

    Ce problème préexistait à Internet (les personnes en question ne sont pas de la génération Internet), et je pense qu’il est vain de chercher des solutions au soi-disant problème de ce que les jeunes croient en de fausses informations trouvées sur Internet sans considérer la problématique plus vaste de l’accès populaire à l’information (par opposition à l’accès savant, c’est-à-dire à l’enseignement, aux bibliothèques universitaires, etc.).

    Pourquoi les gens croient-ils à quelque chose ? Est-ce la présentation qui compte ? Le « matraquage » ? Les élèves sont-ils aussi naïfs que l’on veut bien le dire ?

  2. Trefle dit :

    a rejoint tout à fait la remarque j’ai faite vis à vis du post sur « l’esprit du malin » :)

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