Eurockéennes de Belfort : notes sociales

1) A un festival de ce genre, on remarque facilement les cartes qui pendent au cou des gens du « Staff ». Bien que tous les photographes portent le même tag, il en existe bien deux sortes (et pour la traçabilité de la viande, on repassera):

  • Les « pros »
  • Les pros aussi mais moins.

La différence se fait sentir lorsque le « staff » sélectionne qui aura le droit d’aller dans la fosse qui sépare la scène du public, et dans laquelle vigiles, slammers et photographes s’ébattent joyeusement. Cette fosse n’est pas infinie, et les services d’urgences sont censés pouvoir y travailler, de sorte que le nombre de place y est limité (voire très limité si la scène est petite).

On voit alors les photographes de journaux nationaux (Libération, par exemple) passer devant la masse des petits jeunes envoyés par leur site web. Une fois que les grands fauves sont servis, s’il reste des places, elles sont pour les petits ; s’il n’en reste pas, les petits peuvent se gratter. En l’occurence, les gentils organisateur du festival ont mis en place un tournus pour que nous puissions tous prendre quelques photos quand même (Normalement, les photographes travaillent, sans flash, pendant les 3 premières chansons avant d’évacuer).

2) Il se trouve des photographes « pro » pour vous sortir que vous n’êtes « pas photographe, juste quelqu’un avec un appareil photo » (citation authentique).

Pas qu’il ait tort, mais pour se permettre ce genre de sorties, il faut vraiment planer très loin au-dessus des autres. Mon travail est tout à fait médiocre selon les standards de Magnum, mais ses photos y ressemblaient plus qu’à celles de Capa.

3) Dans ce contexte, Wikipédia impressionne les gens à peu près autant qu’un chewing-gum collé sous leur semelle. Désolé les Wikipédiens, mais l’idée des gens nous faisant les yeux doux à cause de notre classement Google et de nos millions de visiteurs est une vue de l’esprit (et encore plus avec les abstractions politico-moralistes du genre « oui mais Wikipédia c’est Liiiiiiiibre ! »).

Photo prise depuis le public pour cause de contrat
4) Pour certains concerts, il faut signer un formulaire pour accéder à la fosse : c’est un contrat envers la maison qui exploite l’artiste, de la forme « all your photographs are belong to us« . Les vigiles vérifient ces papiers, inutile d’espérer accéder à la fosse sans avoir signé. Je m’en suis sorti en prenant des photographies de plus loin, dans le public (voir la photo de Marilyn Manson ci-contre).

5) Parmi les « petits » photographes, il y a un certain nombre d’étudiants en arts, journalisme ou assimilé, qui veulent percer. Ces gens ont un peu le même état d’esprit que nous (« personne ne me connait mais je veux y arriver comme un grand »), et pas du tout (par exemple, ça ne leur sert à rien que nos photos soient libres : pour eux, l’important est de faire leurs propres photos pour étoffer leur porte-folio, qui leur sert à se faire engager pour gagner leur vie).

Il y a des gens absolument fabuleux dans cette frange, et nous gagnerions beaucoup à les convaincre que mettre certaines de leurs photos sur Wikipédia avec des licences libres est aussi une bonne façon de se faire de la pub (là, les millions de visiteurs, ils comptent). Si des gens comme Evstafiev contribuent chez nous, je ne vois pas pourquoi eux ne pourraient pas être séduits.

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