lemonde.fr ou la joie de la publicité qui vous emmerde vraiment

mardi, 14 octobre 2008

lemonde.fr ou la joie de la publicité qui vous emmerde vraiment

Il y a des jours où le truc qui vous fait chier depuis des mois, vous fait encore plus chier.

Je vous raconte.

Je voulais lire un article sur la version numérique de Le Monde. Je clique donc sur le lien depuis Google News (j’utilise énormément Google News) et là je tombe, comme toujours, sur cette page toute noir avec la pub au milieu.

Ca m’énerve autant que d’habitude mais bon… Je clique donc sur « accéder directement au site ». Et là… surprise je reviens sur la page avec la pub.

Je clique sur « fermer »… je reviens sur la page avec la pub.

Je me dis que c’est parce que j’utilise flashblock, donc je clique pour que la pub se lance puis sur « Accéder directement au site »… et je reviens à la même page.

Bon, là j’ai plus de patience, je ne retente même pas le coup. Mais ça me fait bien chier de ne pas avoir pu lire l’article que je voulais.

On pourrait se dire qu’ils perdent une page vue… mais même pas, puisque du coup j’ai vu la même page 4 fois…

Bref, un billet juste pour râler, des fois c’est pas mal.


Wikipédia n’est pas en train de passer sur Ubuntu… ou comment apprendre aux gens à lire

samedi, 11 octobre 2008

Ces jours-ci, on a pu voir apparaitre sur divers blogs et sites dit d’informations une news surprenantes !

Les servers de Wikimedia Foundation, vont bientôt tous passer sous Ubuntu !

Quelle nouvelle… ou pas.

Le sujet peut tout à fait donner lieu à un article intéressant, mais certainement pas être présenté comme la news du moment. Et oui, les personnes qui ont repris cette information on souvent oublié de dire que la migration de tous les servers vers une même distribution est en cours… depuis deux ans.

Faire une news sur quelque chose vieux de deux ans, j’appelle ça du réchauffé.

En fait, je trouve que le plus marrant c’est que l’article source, celui de ComputerWorld, est correct et explique clairement la situation. Mais entre ComputerWorld et les sites francophones nous avons eu une perte et une modification de l’information.

C’est un fait de courant, d’ailleurs il est bien connus que plus une information est relayée plus elle pert en contenus et en exactitude (c’est le principe même du jeu du téléphone arabe). Donc cette déterioration de l’information est prévisible, sauf que là en un intermédiaire on perd une information simple mais importante. Nous sommes donc passé de « Depuis 2006 Wikimedia Foundation migre vers Ubuntu » à « Wikimedia Foundation migre vers Ubuntu ».

Rien de dramatique me direz-vous? Je suis bien d’accord. En fait si j’en parle c’est parce que je trouve cet exemple assez symptomatique du « journalisme » sur internet où l’important est, souvent, le rendement et non plus la qualité.

Qu’aurait apporté cette information? Et bien ça aurait permis de répondre en partis à la question suivante, qui fut récurrente sur les sites et blogs:

Pourquoi Ubuntu et pas Debian? Pour plusieurs raisons mais voici les deux principales:

1/ En 2006, quand la décision a été prise Debian ne supportait pas x86_64, Ubuntu oui. (Le support de x86_64 est arrivé avec Debian Etch)

2/ Ubuntu a, contrairement à Debian, un cycle de dévellopement prévisible.

J’en ajoute une troisième, donnée sur une mailing-list de Wikimedia Foundation:

3/ Pour embêter les Debian fan-boys


Concours de broderie professorale

mardi, 16 septembre 2008

Une organisation belge a fait une enquête et rédigé un rapport sur les compétences des étudiants entrant à l’université en matière de recherche documentaire.

Cette étude est évoquée sur le site de l’URFIST notamment en ces termes :

En revanche, étonnés par les compétences techniques des « digital natives » (pourtant loin d’être aussi développées), de nombreux enseignants et responsables éducatifs (du secondaire comme du supérieur) font encore l’impasse sur les compétences informationnelles, persuadés que les élèves et les étudiants savent désormais chercher seuls l’information, à partir du moment où ils interrogent le couple Google-Wikipedia.

Sans surprise, le blog d’Alithia dénonce aussi le tandem Google-Wikipédia.

Sauf que… Le rapport d’Edudoc ne parle nulle part de Wikipédia.

Personne ne sera surpris qu’Alithia ait brodé sur son thème favori : sa haine profonde pour Wikipédia, conjuguée à une insufférable suffisance, dépasse les limites du rationnel.

Mais l’URFIST ?


Quand Citizendium réinvente les débats de Wikipédia.

vendredi, 12 septembre 2008

Quand Citizendium réinvente les débats de Wikipédia.

Wikipédia a comme principale critique le fait que personne ne « signe » les articles et donc n’appose sa patte d’expert et que « n’importe qui » (comprendre des non-experts) peut prendre part aux débats sur l’évolution d’un article et le modifier.

Il est alors compréhensible que ceux portant ces critiques aient soutenu, même discrètement, le projet de Larry Sanger, Citizendium, reprenant le concept de Wikipédia mais en le réservant uniquement aux experts montrant patte blanche.

A sa création  l’idée de ne faire participer que des experts a été émise afin d’éviter des pages de débats stériles sur certains sujets. A l’époque les rédacteurs de Wikipédia se sont montrés sceptique sur ce point. En effet, les années d’expériences que possède Wikipédia en matière de rédaction collaborative ont montrées qu’être expert ou pas n’influençait en rien la qualité des débats. D’ailleurs, les débats les moins intéressants sont régulièrement campés par des experts sûrs d’eux-mêmes alors que les amateurs chercheront à sourcer leurs arguments.

Bref scepticisme confirmé par les actes. Voici quelques morceaux de discussion de l’article consacré à l’homéopathie:

This is what I posted there last: « I’m sure Molecular Biologists are working on studies like that; as a Doctor, I should be healing the sick. The proof of the pudding is in the eating, so I feel people should try Homeopathy before commenting on it. »—Ramanand Jhingade 21:55, 1 September 2008 (CDT)

People should try homeopathy before commenting on it? I trust, therefore, there should be no male obstetricians and no astronomers have the right to comment on the Moon unless they had been on an Apollo mission? I suppose I should have rejected the nitroglycerine and morphine I was offered, during an episode of unstable angina, by a vigorous young cardiology fellow?
It’s interesting…I’ve asked you several times how you would approach a patient with a well-defined set of symptoms, without one molecule in the explanation, and you ignored it. You brought up giving an iron salt to « improve » a blood count, and when I followed up with a few questions about that which you would be improving, I didn’t seem to get any response. You stated that homeopaths routinely used diagnostic studies, but you were silent when I asked which you might order, again with a specific set of symptoms.
If the pudding is butterscotch, I might be persuaded that it’s good pudding. I have to interpret that your comment about as a doctor, you should be healing the sick, and molecular biologists should be doing whatever irrelevant things molecular biologists do. Aren’t there some sick people that need your attention more than we unenlightened ones just don’t seem to be accepting your world-view and bowing and saying « yes, our studies and experience are irrelevant. »
Until you give any indication you have any understanding of immunology or endocrinology, I am less than inclined to pay attention to your statements on how the immune system should be « strengthened ».Howard C. Berkowitz 22:29, 1 September 2008 (CDT)

When you can trust a young Cardiology fellow, why not a Homeopath? You skeptics are theorizing, while Homeopaths know the effects of their remedies.—Ramanand Jhingade 22:36, 1 September 2008 (CDT)

Oh, quite a few reasons I’d trust that cardiology fellow, perhaps because I’ve had a fair bit of training and experience in cardiovascular medicine. A factor might be that cardiologists are constantly asking the question if their approaches meet continuing review of safety and efficacy, and if their techniques of prevention and treatment are consistent with increasingly specific understanding of the underlying mechanisms.
I have an excellent relationship with my primary physician, a general internist with a special interest in endocrinology. Unfortunately, many patients don’t have the advantage that we have a common framework, and things aren’t on a « trust me » basis. Either one of us can come up with suggested diagnoses or treatments, and we cross-check one another. If I call and say « Can we schedule an echocardiogram before my next visit to we can make an informed judgment about choices in insulin receptor agonists? », there isn’t a need for a lot of mysticism; we both know where we are going, and that our collaboration has objectively improved a number of problems.
I haven’t, for example, noticed any large-scale meta-analyses by homeopaths showing that a previously accepted standard of care, such as angioplasty and stenting, are rarely more effective than intensive medical management. Medical management is not stuck in materia medica and external observations, but constantly tuned by evidence-based medicine. One of the frustrations of cardiologists is that improvements don’t necessarily get into wide use among primary physicians.
In contrast, the message from homeopaths is not « this is how we have refined. This is getting more quality-adjusted years of life in the treated group. » The message appears to be « Have faith. Trust us. Don’t ask for any verifiable information. Might I offer you a great deal on a 1984 Jeep Cherokee, barely used? » Howard C. Berkowitz 22:59, 1 September 2008 (CDT)

I told Pierre that for me clinical effects are enough and I’m repeating that here. Laboratory investigations like Blood tests, X-rays, C.T./ultra-sound scans etc. show improvements before and after Homeopathic treatment, so Homeopathy is not something that works by faith (I’ve healed people who had no faith in Homeopathy; I’ve also healed animals and babies who can’t be influenced in any way).—Ramanand Jhingade 21:37, 2 September 2008 (CDT)

[snip]There are clinical trials as well, some of which I mentioned before, which can buttress my claims.—Ramanand Jhingade 22:22, 2 September 2008 (CDT)

Ramamand, above you wrote: « Laboratory investigations like Blood tests, X-rays, C.T./ultra-sound scans etc. show improvements before and after Homeopathic treatment, so Homeopathy is not something that works by faith (I’ve healed people who had no faith in Homeopathy; I’ve also healed animals and babies who can’t be influenced in any way) »
Unreferenced assertions such a this are not useful to any discussion with respect to this article. We have to consider the whole picture not just your experience. Chris Day 22:29, 2 September 2008 (CDT)

Long extrait. Je m’en excuse. Mais il me semble révélateur de la chose : être expert n’empêche pas de se retrouver mêler aux mêmes discussions qui ont lieu sur Wikipédia.

En aucun cas je ne juge projet Citizendium, car l’idée qu’il suit est intéressante et méritait d’être essayée. Par contre je me permets ici de signaler aux personnes soutenant que Wikipédia fonctionnerait mieux si les experts y étaient reconnus, que l’expertise n’empêche pas la bêtise. Et qu’en aucun cas cela n’amènerait une réelle crédibilité au projet, mais uniquement une image de crédibilité… rien de plus.

Alors est-ce que l’image que l’encyclopédie renvoit est plus importante que ce qu’elle est réellement?

Je préfère, pour ma part, qu’on me dise quand un outil est imparfait, plutôt que de le découvrir à mon insu.


Wikipédia, l’encyclopédie libre, diffuse t-elle de la pornographie ?

mercredi, 10 septembre 2008

Wikipédia, l’encyclopédie libre, diffuse t-elle de la pornographie ?

En voilà une question qui est surprenante ! L’encyclopédie libre serait, selon certain, un repère de contenus pornographiques! Pire, elle contiendrait des ressources qui pourraient choquer les plus jeunes s’ils faisaient une recherche sur le sujet. Les articles visés? « Éjaculation » par exemple, ou bien « pratique sexuelle ». Des articles où il est donc très surprenant que l’on parle de choses liées au sexe.

Ou pas.

Reprenons la question pour mieux y répondre.

On y parle de Wikipédia, un projet d’encyclopédie, rédigé par des bénévoles sur internet. Internet qui est un outil de communication mondial utilisable uniquement à partir d’un ordinateur. Pour ce qui est de la pornographie, je préfère citer le TLFI pour définir le terme correctement:

B. 1. Représentation (sous forme d’écrits, de dessins, de peintures, de photos, de spectacles, etc.) de choses obscènes, sans préoccupation artistique et avec l’intention délibérée de provoquer l’excitation sexuelle du public auquel elles sont destinées.

Voilà donc une définition exacte qui sera toujours meilleure et plus précise que la mienne.

L’article du Economic Times parle ainsi de pornographie, alors que -selon moi- le contexte éducatif de l’encyclopédie limite grandement l’intention d’excitation du contenu. L’article parle notamment d’une vidéo montrant, en gros plan, un homme éjaculant. Il n’y a pas de plan de l’homme, il est seul sur fond noir, sans musique. Cette vidéo se trouve (ou se trouvait selon quand vous lirez cet article) sur l’article de la version anglophone dédiée à … l’éjaculation.

Admettons que ce contenu ne soit pas, en soi, indispensable à l’article ; cela le rend-il pour autant pornographique? J’en doute.

Quel est alors le problème? C’est la possibilité qu’un public non averti consulte cet article. Entendez par là qu’un public de pré-adolescents découvre ces informations. Si la question que le Economic Times soulève est la « gravité » de voir un contenu potentiellement choquant sur un site comme Wikipédia, je me permettrai de soulever une autre question: comment se fait-il que des pré-adolescents aient eu accès au web, où l’on trouve très facilement des contenus bien plus choquants, sans aucune surveillance?

Il me sera rétorqué que Wikipédia passe, de par sa nature éducative (et n’ayant donc pas pour but d’exciter; si vous voyez où je veux en venir ), à travers les restrictions des filtres parentaux. Je ne le nie pas, mais les filtres sont eux aussi un outil et leurs limites ne sont pas une raison, je pense, pour se dédouaner de ses responsabilités face à l’utilisation de cet autre outil qu’est Wikipédia.

Je ne cautionne en aucun cas la diffusion de toute forme de pornographie, mais je sais qu’Internet peut proposer aux plus jeunes des contenus choquants. Conscient de cette possibilité, il va de soi que je surveillerai ce que mes enfants consulteront sur Internet.

Internet, et par extension Wikipédia, est un outil. Doit-on blâmer un outil? Je ne pense pas, mais cette idée semble loin d’être partagée de tous… peut-être les médias ne souhaitent pas choquer la ménagère de moins de 50 ans en la mettant face à ses responsabilités… dommage.


Des libertés individuelles sur Wikipédia

mardi, 2 septembre 2008

Ce billet fait réponse à un autre billet sur un blog de piètre qualité.

Dans cet autre billet, son auteur tient des propos accusateurs, et faux, envers Wikipédia, Wikimedia Foundation et Wikimédia France. Je vais donc me charger de corriger les erreurs proférées.

Tout d’abord, l’auteur cite un « correspondant du blog », totalement anonyme:

 » Wikipedia France (représentée par ses administrateur légaux) n’est pas en conformité  avec la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers, aux libertés, le traitement automatisé des données nominatives. Wikipedia ne respecte pas la déclaration auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL). »

Puis elle dit:

« Ce que dit ce correspondant du blog est parfaitement exact. « 

Je ne suis pas avocat, et mes notions de droit ne me permettent pas de déclarer que c’est faux. Par contre mes notions de lecture me permettent de lire la loi citée. J’y lis plusieurs choses:

Article 5

I. – Sont soumis à la présente loi les traitements de données à caractère personnel :

Dont le responsable est établi sur le territoire français. Le responsable d’un traitement qui exerce une activité sur le territoire français dans le cadre d’une installation, quelle que soit sa forme juridique, y est considéré comme établi ;

Dont le responsable, sans être établi sur le territoire français ou sur celui d’un autre État membre de la Communauté européenne, recourt à des moyens de traitement situés sur le territoire français, à l’exclusion des traitements qui ne sont utilisés qu’à des fins de transit sur ce territoire ou sur celui d’un autre État membre de la Communauté européenne.

Donc, Wikipédia étant hébergée par une fondation américaine, elle n’est pas soumise à cette loi. Mais passons et lisons d’autres morceaux du texte de loi:

Constitue une donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres. Pour déterminer si une personne est identifiable, il convient de considérer l’ensemble des moyens en vue de permettre son identification dont dispose ou auxquels peut avoir accès le responsable du traitement ou toute autre personne.

Maintenant il est important de rappeler deux choses, la première est que lors de l’inscription à Wikipédia il n’est exigée aucune information personnelle, la seconde est que la seule information que l’on pourrait estimée comme personnelle est la possibilité de renseigner une adresse mail. Mais il est bon de rappeler que chaque utilisateur à la possibilité de, lui-même et de manière immédiate, supprimer cette adresse mail.

Donc à la lecture de ce texte je serais tenté de croire que Wikimedia Foundation est en accord avec la loi française. Mais comme je l’ai dit, je ne peux en aucun cas l’affirmer. Tout comme (contrairement à l’auteur du billet accusateur) je ne peux affirmer que Wikimedia Foundation n’est pas enregistrée à la CNIL.

Passons à la suite du problème, à savoir le grand n’importe quoi que constitue la fin du billet:


« Wikipedia, en effet, abuse du fait que ses serveurs sont aux  Etats-unis et n’a aucun souci du respect de la loi en France , C’est à dire que Wikimedia-France , filiale française de l’association Wikimedia (qui héberge mais n’édite pas wikipedia, se trouvant de ce fait irresponsable de son contenu) se dispense de respecter la loi du pays où elle publie. « 

J’ai donc expliqué mes pensées par apport au non-respect de la loi. Si pour ce point je ne peux rien affirmer pour la suite je le peux.

« C’est à dire que Wikimedia-France , filiale française de l’association Wikimedia »

Cette information est fausse. D’ailleurs il suffit de lire les statuts de Wikimédia France pour s’en rendre compte. Wikimédia France est une association de loi 1901 indépendante de Wikimedia Foundation et de la version francophone de Wikipédia. C’est d’autant plus faux que l’auteur du billet, un professeur de philosophie, utilise à tort le mot filiale. En-voici les définitions du tlfi et du Littré

,,Société jouissant d’une personnalité juridique distincte, ayant un nom, un objet et un patrimoine propre (…) mais dirigée ou étroitement contrôlée par la société mère« 

et

« LITTRÉ précise que le terme ,,n’est pas synonyme de succursale : succursale a le même but que l’établissement principal; filiale peut avoir un objet différent« . DUPRÉ 1972 ajoute ,,la succursale supplée à l’insuffisance de la maison-mère. Le terme s’emploie pour les banques, les établissements commerciaux (…) la filiale marque la fécondité de la maison principale « 

Wikimédia France ayant un Conseil d’Administration indépendant, et Wikimedia Foundation n’ayant aucune possibilité de décision au sein de l’association, il est clair que Wikimédia France n’en est pas une filiale.

« (qui [Wikimédia France] héberge mais n’édite pas wikipedia, se trouvant de ce fait irresponsable de son contenu) se dispense de respecter la loi du pays où elle publie. »

Il est extrêmement important de préciser que Wikimédia France n’héberge aucun projet Wikimedia.

Bref, voici un billet type rédigé par une personne qui ne prend aucun recul et ne cherche pas à sourcer ses allégations. Elle s’empresse de s’annoncer comme professeur de philosophie, mais se retient de sourcer ses dires, ou de faire des recherches de bases sur le sujet sur lequel elle écrit.

Tant de choses fausses dans un billet de 218 mots laisse pantois. Mais c’est encore pire quand ça vient de quelqu’un qui cherche à décrire Wikipédia comme un projet de piètre qualité.


Britannica Vs. Universalis

jeudi, 28 août 2008

De petit site sans envergure créé en 2001, Wikipédia est devenue au fil des ans un des sites principaux utilisés pour la recherche d’information. Cette notoriété a attiré de nombreuses et vives critiques.

Ce fut aussi bien des journalistes que des « intellectuels » qui s’attelèrent à railler et dénigrer l’encyclopédie libre. Ils ont argumenté en expliquant combien la méthode de rédaction de Wikipédia, à savoir par des anonymes, avait pour résultat une encyclopédie de piètre qualité sans commune mesure avec les illustres et très sérieuses encyclopédies classiques telles que Britannica ou Universalis. A ces critiques, les rédacteurs de l’encyclopédie libre ont inlassablement expliqué que sur Wikipédia, ce n’était pas le diplôme du rédacteur qui comptait, mais bien les sources qui étayaient l’article.

Les encyclopédies classiques sont écrites par des personnes au savoir soi-disant assuré du fait de leurs diplômes. Mais quand deux encyclopédies classiques vantées pour leur sérieux donnent deux informations factuelles différentes, laquelle des deux a raison? Laquelle des deux est plus sérieuse que l’autre ?

Lors de la rédaction de l’article sur Shimon Peres, les anonymes rédacteurs de Wikipedia ont remarqué que, selon les sources, sa date de naissance changeait; dans les sources consultées on retrouvait les très sérieuses Britannica et Universalis.

Tout comme moi, vous vous seriez attendus à ce qu’elles fournissent toutes deux la même date. Et bien non, que nenni, elles fournissent deux dates différentes, à savoir, respectivement, le 16 et le 1er août. On pourrait s’attendre à ce qu’au moins l’une des deux dates soit en accord avec les informations présentes sur les sites gouvernementaux israëliens. Eh bien non, un site du gouvernement israëlien nous informe que M. Peres est né le 2 août. On peut alors se poser une question fort légitime: qui de Britannica, Universalis ou  de Wikipédia a, dans sa démarche de rédaction, le comportement le plus « sérieux » ?

Bien entendu, Britannica et Universalis, tout comme Wikipédia, contiennent des erreurs. La différence est que Wikipédia ne fait pas confiance à un diplôme mais à des faits et cherche donc à sourcer au maximum ses articles,  permettant ainsi au lecteur de vérifier facilement ce qui y est dit. Hélas, en lisant Britannica et Universalis, on se voit obligé de faire confiance au rédacteur.

Il est évident que Wikipédia a des lacunes, possède des articles de culture populaire et comporte des erreurs. Mais c’est également le lot des autres ouvrages encyclopédiques. Les démarches rédactionnelles diffèrent, mais les outils de rédaction également. Chaque démarche à ses forces et ses faiblesses, et il est clair qu’une des grandes forces de Wikipédia est sa possibilité d’être en permanence remise en question et donc corrigée.